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l'atlas d'archi textures

L'atlas d'archi-textures est né pendant le premier confinement, j'ai commencé à dessiner alors que je n'avais pas rouvert un livre d'architecture, ou un logiciel depuis plus d'un an.

J'ai eu envie de raconter des projets que j'aime, que je trouve beaux, vivants, des projets qui m'ont inspirés, aidée, intriguée.

Alors j’ai commencé à fabriquer une sorte de petit atlas virtuel de «vulgarisation architecturale» illustré, pour partager de l'architecture de manière simple et accessible, avec beaucoup de dessins et pas trop de mots.

Je voulais qu'il y ai de tout, de l’architecture contemporaine et de la très ancienne,  et des morceaux d’histoires de ceux qui les ont imaginées.

1. LA CASA DE CHA
DE BOA NOVA

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La casa de cha « maison de thé » est un restaurant-salon de thé, dessiné par Alavaro Siza, et construit entre 1959 et 1963 le long de la mer, à Matosinhos, le port de Porto, au Portugal.

C’est un des premiers projets de Siza, jeune architecte, il connait bien Porto, bien Matosinhos ou il est né, il connait la plage et les rochers par coeur. Siza étudie tout, le soleil, les cailloux, le vent, les marées, l’instant, la tempête.


On dirait que la maison raconte une histoire, plantée dans le sable, elle regarde l’horizon et l’océan. Elle est exactement comme celui qui vient s’asseoir à côté d’elle, dans les rochers, accroupi, replié, les bras autour des genoux pour se protéger du vent. Il n’y a que les yeux qui dépassent, brillants, pour fixer l’océan.

Ses yeux à elle ce sont les immenses baies qui scrutent nuit et jour. Son long toit joue avec le soleil, emprisonne la fraîcheur et se dresse contre les vagues.


C’est un refuge, une cabane d’enfant, comme souvent dans l’architecture de Siza, elle donne l’impression d’avoir été toujours là, immobile et rassurante.

On pourrait s’asseoir à l’intérieur, derrière les vitres, ou bien sur le toit, sur la terrasse, sur les murets. S’asseoir à côté, s’asseoir dessous, ou derrière. Elle n’est pas dans le paysage, c’est lui qui est partout, à l’intérieur et autour d’elle. Comme des danseurs.

Je ne l’ai pas visitée. Mais je sais exactement ce que j’aurais ressenti. J’aurais fermé les yeux et j’aurais senti le vent vif de Matosinhos sur mes joues, le soleil portugais immense et doré. J’aurais senti l’odeur des sardines grillées et entendu les enfants qui courent dans les rochers.

 

J’aurais regardé le soir tomber sur l’océan, les grandes flaques de marée dans le sable, les chalutiers qui rentrent. Les mouettes, les joggeurs du soir le long de l’allée, les crabes minuscules entre les rochers. J’aurais serré mes bras autour de mes genoux, soufflé sur mes cheveux et souri de tout mon visage gelé.

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Peut-être que pour parler d’architecture, il faut dire ce qu’on ressent près d’elle.

L’architecture est un moment. Des milliers de minuscules souvenirs très précis.

 

C’est de la poésie, et de la permanence.

Je crois que c’est ce que Siza a passé sa vie à dire par son architecture.

 

Regardez à travers le béton, le bois, lisez au-delà des murs

 

ajoutez aux escaliers et aux porte à faux la nuit qui vient et l’odeur d’une ville, et vous aurez compris.

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"La casa de cha de Boa Nova"

Mars 2020

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